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Afin de répondre à une demande récurrente de mes anciens étudiants, j’ai finalement sacrifié à la mode du blog en novembre 2004. Depuis cette date, plus ou moins régulièrement, j’y note certains de mes coups de cœur concernant l’actualité d’un sujet qui me passionne depuis plus de cinquante ans : l’Histoire en général et le Moyen Âge en particulier.

Je vous invite à parcourir la page d’aide pour découvrir toutes les facettes de ce blog, et je vous encourage vivement à commenter mes articles, à signer le livre d’or ou à m’écrire directement pour me faire part de vos remarques ; soyez assuré(e) qu’elles seront toutes lues attentivement et que j'en tiendrai compte pour l'évolution de ce site.

Je vous remercie sincèrement de votre visite et vous souhaite une très bonne lecture…

Mercredi 12 décembre 2007
Construit principalement au XIIIe siècle, pendant le règne de Jean Ier, le château de Suscinio était avant tout une résidence de plaisirs : les Ducs de Bretagne aimaient venir chasser dans la grande forêt qui l'entourait. Fortifié par la suite, restauré plusieurs fois, ce monument massif vous entraîne en pleine époque médiévale.

Le château de Suscinio

C'est en 1218 que Suscinio fut mentionné pour la première fois. Pierre de Dreux fut engagé pour sa construction au début du XIIIe siècle, époque probable de la première tour d'habitation. Le reste du château comprend une cour polygonale de plan classique du XIIIe siècle, entourée d'une courtine flanquée de tours. Les appartements se composent du grand châtelet (quatre étages avec salles superposées, une chapelle s'ouvrant sur la salle du deuxième étage) et du logis ouest, qui s'étend de l'ancienne tour vers le nord, datant d'au moins deux périodes différentes. Une autre chapelle castrale, dans laquelle des fouilles ont révélé un remarquable pavage de mosaïque, s'élevait comme au château de Largoët et autres sites, à l'extérieur de l'enclos qu'entourait un fossé.

L'évolution du site ancien transformé en une forteresse, date d'après les guerres de Succession. La construction du grand châtelet exprimait la nécessité de Jean IV et de Jean V de réaffirmer à partir d'environ 1380 leur autorité ducale, particulièrement face aux menaces constantes d'autres grandes familles, et de réparer les dégâts causés par plusieurs sièges, au cours des guerres civiles, notamment sa capture par Du Guesclin, en 1373. Au XVe siècle, la tour Neuve, parmi d'autres, fut garnie de meurtrières à canon. La signification stratégique du château fut également appréciée par Vauban. Finalement pris d'assaut par les chouans, puis utilisé comme carrière (1798), le monument fut classé grâce aux efforts de Prosper Mérimée.

Racheté par le département du Morbihan en 1965, ce n'est que récemment que sa véritable beauté a été découverte, à la suite d'une vaste campagne de réfection et de restauration. En 1975, à l'occasion de travaux, on a pu retrouver l'intégralité du pavement de la chapelle ducale. Construite en bordure de la douve Sud, cette chapelle avait brûlé mais le sol en avait été conservé pendant plusieurs siècles, sous une couche de cendres. Ces pavements, qui datent du XIVe siècle, ont été démontés pièce par pièce puis restaurés et replacés à l'identique dans deux salles d'exposition ; classés monuments historiques, ils sont les seuls de cette importance en Europe.

Pavement du château de Suscinio (Sarzeau)
Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Noël au château de Suscinio

Du 26 décembre 2007 au 6 janvier 2008, le château de Suscinio organise des activités pour toute la famille : des ateliers patrimoine, des visites du château adaptées à tous les âges, une rencontre avec un éditeur du patrimoine, etc. De plus, un jeu concours est prévu pour les plus jeunes avec de nombreux lots à gagner !

Contact :
Adresse : Château de Suscinio, 56370 SARZEAU
Tél : 02.97.41.91.91
Fax : 02.97.41.75.01
E-mail : suscinio@sagemor.fr
par Théo publié dans : Tourisme
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Samedi 1 décembre 2007
Bien qu’habitant dans la région depuis plus de deux ans, je n’avais encore jamais pris le temps de visiter l'imposante forteresse de Josselin, dans le Morbihan. J’ai donc profité de la Journée du Patrimoine du 15 septembre dernier pour découvrir ce splendide château féodal. Voici son histoire...


L’histoire du château de Josselin remonte au début du XIe siècle. En 1008, Guéthenoc, Vicomte de Porhoët et de Guéméné, décide d’édifier sur ce promontoire rocheux dominant la vallée de l’Oust une enceinte urbaine ainsi qu’un château. Son fils, Goscelinus, donne son nom à cette place forte ainsi qu’à la ville qui vient se développer tout autour.
Au XIIe siècle s’ouvre une grave crise historique, lorsque le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt tente de s’approprier le duché de Bretagne. En 1168, pour se venger des féodaux bretons qui lui tiennent tête, parmi lesquels Eudon de Porhoët, propriétaire de Josselin, il fait raser le château. Puis, il s’empare de la fille du châtelain, la déshonore et la tue. Quelques années plus tard, Eudon de Porhoët fait construire un nouveau château.
En 1351, un épisode historique mémorable se déroule non loin de Josselin, près de Ploërmel, le fameux "Combat des Trente". Au soir du combat, le capitaine de Beaumanoir, vainqueur, ramène à Josselin les prisonniers et les fait exécuter.
En 1370, à la suite d’un échange avec son cousin le comte d’Alençon, Olivier de Clisson, Connétable de France, devient propriétaire de Josselin.

A partir du château existant, Clisson fait édifier une véritable forteresse. Trois tours, coiffées de mâchicoulis et de parapets, sont bâties au–dessus de la rivière, ainsi qu’une quatrième tour, appelée aujourd’hui "tour isolée". Il fait aussi construire un donjon, qui lui sert de résidence. Avec un diamètre de 26 mètres, c’était un des modèles les plus importants de ce type d’architecture. Il s’élevait à l’extrémité de la terrasse et communiquait avec les trois tours. Enfin, Clisson fait bâtir un châtelet, ou logis-porte, à l’emplacement de l’actuel pont–levis, ce qui constituait au total un ensemble de neuf tours et un donjon.
A la mort d’Olivier de Clisson, en 1407, Josselin est une splendide forteresse, ainsi qu’une vaste résidence somptueusement meublée. Par héritage et par alliance, le château devient la propriété des Rohan.


A la fin du XVème siècle, Josselin connaît une nouvelle étape. Le petit fils de Clisson, Alain IX de Rohan, fait construire un logis. Ce bâtiment, long de 70 mètres, va être doté d’une splendide façade, témoignage exceptionnel du gothique flamboyant et de la Renaissance bretonne. Le fils d’Alain IX, Jean II, poursuit les travaux et les achève vers 1520, grâce à des subsides accordées par le roi Charles VIII en remerciement du soutien qu’il lui a accordé en favorisant son mariage avec la Duchesse Anne de Bretagne, nièce de Jean II. Cette façade est une véritable dentelle de granit. Chacune des galeries qui courent entre les fenêtres comporte des motifs différents. An centre, la devise des Rohan, A PLUS. A gauche, une grille faite de petits losanges, l’emblème des Rohan. A droite, des hermines, emblèmes de la Bretagne. L’importance de la toiture et la hauteur des lucarnes, avec deux étages de fenêtres qui contrastent avec l’horizontalité des galeries, apportent une très grande harmonie à cet ensemble.
A partir de la fin du XVIe siècle, le château cesse d’être habité par la famille. Au XVIIe siècle, au moment des guerres de religion, Henri de Rohan, général en chef des Calvinistes, se rebelle contre le pouvoir royal. Pour le punir, le Cardinal de Richelieu fait démanteler la place forte de Josselin en 1629. Le donjon et une partie de l’enceinte sont détruits. Vers 1760, le châtelet, en ruines, sera démoli.

La véritable restauration du château, en très mauvais état, débute vers 1860, sous la direction de Jules de la Morandière, un élève de Viollet-le-Duc, très attaché au style néo-gothique. A la fin du XIXe siècle, le Duc Alain de Rohan, dont on peut admirer le buste réalisé par Auguste Rodin dans l'antichambre du château, fait réaliser tout l'aménagement intérieur du château, de manière à en faire une demeure confortable et agréable à habiter. En 1911, le jardin à la française est aménagé sous la direction du grand paysagiste Achille Duchêne.
Aujourd’hui, le château est toujours habité et entretenu par la famille Rohan, qui s'implique beaucoup dans sa préservation. Pour la réalisation des travaux importants, elle bénéficie d'aides de l'Etat, du Département du Morbihan et de la Région de Bretagne.



par Théo publié dans : Tourisme
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