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Afin de répondre à une demande récurrente de mes anciens étudiants, j’ai finalement sacrifié à la mode du blog en novembre 2004. Depuis cette date, plus ou moins régulièrement, j’y note certains de mes coups de cœur concernant l’actualité d’un sujet qui me passionne depuis plus de cinquante ans : l’Histoire en général et le Moyen Âge en particulier.

Je vous invite à parcourir la page d’aide pour découvrir toutes les facettes de ce blog, et je vous encourage vivement à commenter mes articles, à signer le livre d’or ou à m’écrire directement pour me faire part de vos remarques ; soyez assuré(e) qu’elles seront toutes lues attentivement et que j'en tiendrai compte pour l'évolution de ce site.

Je vous remercie sincèrement de votre visite et vous souhaite une très bonne lecture…

Samedi 15 décembre 2007
En 1585, deux mondes s'affrontent : celui de l'Espagne catholique de Philippe II et celui de l'Angleterre protestante d'Elisabeth Ière. Tel est le thème de la superproduction signée Shekhar Kapar "Elizabeth, l'âge d'or", sortie sur les écrans le 12 décembre.



En dépit de son titre, ce n'est pas l'âge d'or, dont l'Histoire a transmis le souvenir, que retrace le film, mais les intrigues de Marie Stuart la catholique qui, conseillée par Philippe II, tente d'évincer sa demi-soeur Elisabeth, et la guerre totale qu'entreprend le roi d'Espagne pour chasser celle qu'il appelle la bâtarde - Elisabeth était la fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn. L'Armada espagnole sera finalement vaincue par la tempête, ce qui nous vaut de magnifiques scènes de mer.
Petite histoire dans la grande : la disgrâce du pirate Walter Raleigh, qui fut de cette bataille navale, mais avait épousé secrètement une de dames de compagnie d'Elisabeth. Cette affaire permet au réalisateur de dessiner un portrait complexe de la « Reine vierge ».
On retiendra, enfin, dans cette très bonne reconstitution historique, la harangue d'Elisabeth à son peuple en armes : « C'est l'affrontement entre le monde de la liberté de conscience et celui de l'Inquisition. » Le film penche donc en faveur de celle qui fit de l'Angleterre la première puissance du monde ; il ridiculise Philippe dont le règne, il est vrai, ne fut pas une réussite pour l'Espagne.



"Elizabeth : l'âge d'or" est la suite du film "Elizabeth" sorti en 1998, qui racontait l'ascension difficile de la jeune Elisabeth jusqu'au trône. Le casting réunissait déjà le réalisateur Shekhar Kapur et sa reine Cate Blanchett. Ce deuxième opus aura une suite, le réalisateur Shekhar Kapur ayant toujours estimé qu'il faudrait au minimum une trilogie pour rendre compte de l'incroyable existence d'Elisabeth Ière.
par Théo publié dans : Cinéma, Musique & Vidéos
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Samedi 1 décembre 2007
Pour inaugurer la série d'articles consacrés à la musique ancienne, j'ai choisi de vous parler du dernier album solo de Sting, le leader charismatique du groupe Police. Intitulé Songs From The Labyrinth et édité par Deutsche Grammophon en octobre 2006, ce disque rend hommage au compositeur anglais John Dowland, l'un des plus importants musiciens anglais du début du XVIIe siècle.


Dans cet album inattendu, petit bijou de sobriété mélé d'émotion, Sting reprend les mélodies élisabéthaines du génial John Dowland : 23 chants, oeuvres instrumentales et extraits d'une lettre composent une sorte de bande-son musicale de la vie du compositeur.
« Les airs de John Dowland m'obsèdent depuis plus de vingt ans » a déclaré Sting, lequel doit à son guitariste Dominic Miller d'avoir ravivé son intérêt pour le compositeur : « il commanda spécialement pour moi un luth renaissance à huit choeurs au luthier Klaus Jacobsen et me l'offrit en cadeau. L'instrument est absolument extraordinaire. Au lieu de reprendre un motif typique de l'époque, la rosace au centre de la table est ornée d'un motif en forme de labyrinthe ».
C'est encore Miller qui l'a présenté au luthiste bosniaque Edin Karamazov (voir photo), un des plus grands luthistes européens contemporains.


Quelques mois plus tard, Karamazov s'est rendu au manoir anglais de Sting, qui a alors commencé son « apprentissage » dans le First Booke of Songs de John Dowland. De cette rencontre est né l'album Songs from The Labyrinth, dont l'élégant livret comporte une longue présentation du projet par Sting, les textes des chansons et des extraits d'une lettre que Dowland avait adressé en 1595 à Sir Robert Cecil, chef de la sécurité de la reine Elisabeth Ière, « invoquant sa loyauté envers sa souveraine [et] offrant des renseignements sur les conspirateurs ». Sting murmure plutôt qu'il ne lit les mots du luthiste, ce qui sied aux propos d'un homme tourmenté qui craignait pour sa vie en cette époque de terreur.
A noter aussi les belles reproductions de la lettre et des partitions de John Dowland, comme celle fort originale sur laquelle « toutes les parties sont imprimées sur une même page, mais orientées d'une façon qui permette à quatre chanteurs assis autour d'une table de lire leur partition sans peine » (voir image).


Pour assurer la justesse vocale, Sting a travaillé avec Richard Levitt, professeur de chant de la Schola Cantorum de Bâle, avec l'intelligence de ne pas chercher la performance vocale ou à égaler le contre-ténor Andreas Scholl, grand interprète de Dowland. La simplicité et la mélancolie, la beauté des airs et le timbre du luth d'Edin Karamazov dominent ce remarquable album.
  • Écoutez un extrait de Flow My Tears (Lachrimae) :

[Plug-in audio]



JOHN DOWLAND (1563-1626)


John Dowland est probablement le plus grand luthiste de son temps ; il est considéré comme un précurseur de la mélodie romantique.
Dès 1580, John Dowland est au service de l'ambassadeur d'Angleterre à Paris et découvre l'air de cour français qui influencera plus tard ses propres compositions.
En 1588, il obtient le grade de Bachelor of music des universités d'Oxford et de Cambridge mais sa conversion au catholicisme romain pendant son séjour parisien contribue à l'écarter d'un poste à la cour protestante d'Élisabeth Ière d'Angleterre.
Il voyage alors en Allemagne, se fixant dans les cours de Brunswick, de Hesse et de Nuremberg entre 1594 et 1598. Pendant cette période, il effectue un voyage en Italie (1595) afin d'étudier à Rome avec Luca Marenzio ; à Venise, il devient l'ami de Giovanni Croce. Craignant d'être compromis avec les "papistes" anglais réfugiés en Italie, John Dowland interrompt son voyage à Florence et retourne à Nuremberg, puis à Kassel.
De 1598 à 1606, il est luthiste à la cour de Christian IV de Danemark. Il s'établit ensuite à Londres, mais n'obtient qu'en 1612 son premier emploi de musicien à la cour d'Angleterre (second musician for the lutes) ; il passe les quatorze dernières années de son existence au service de Jacques Ier et à celui de son successeur, Charles Ier.

Son oeuvre comprend principalement 3 recueils d'airs publiés en 1597, en 1600 et en 1603. Il a laissé plus de 80 chansons et a composé pour le luth des fantaisies et des airs de danse (pavanes, gaillardes, allemandes et gigues). Son oeuvre sans doute la plus célèbre est Lachrimae pour 5 violes et luth.
par Théo publié dans : Cinéma, Musique & Vidéos
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