Bienvenue !

Afin de répondre à une demande récurrente de mes anciens étudiants, j’ai finalement sacrifié à la mode du blog en novembre 2004. Depuis cette date, plus ou moins régulièrement, j’y note certains de mes coups de cœur concernant l’actualité d’un sujet qui me passionne depuis plus de cinquante ans : l’Histoire en général et le Moyen Âge en particulier.

Je vous invite à parcourir la page d’aide pour découvrir toutes les facettes de ce blog, et je vous encourage vivement à commenter mes articles, à signer le livre d’or ou à m’écrire directement pour me faire part de vos remarques ; soyez assuré(e) qu’elles seront toutes lues attentivement et que j'en tiendrai compte pour l'évolution de ce site.

Je vous remercie sincèrement de votre visite et vous souhaite une très bonne lecture…

Samedi 24 décembre 2005

Dès le premier siècle avant J.-C., on célébre à Rome le culte de Mithra, divinité perse de la lumière, importé par les légionnaires romains. Le 25 décembre, pour le solstice d'hiver, on fête la naissance de Mithra, le soleil invaincu (Dies natalis solis invicti), en sacrifiant un jeune taureau.
En 274, l'empereur Aurélien déclare le culte de Mithra comme religion d'état et fixe la célébration officielle du solstice au 25 décembre.
Au début du christiannisme, la fête de Noël n'existait pas. C'est seulement à partir du IIe siècle que l'Église catholique cherche à déterminer le jour de la naissance de Jésus sur lequel les évangiles ne disent rien. Des dates différentes sont proposées : le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril… Finalement, sans doute pour faire concurrence à la fête païenne de la naissance de Mithra, l'Église choisit le 25 décembre comme date de naissance de Jésus.
En 312, l'empereur Constantin abandonne le culte de Mithra et déclare le christiannisme comme religion d'état. Quelques années plus tard, il fixe officiellement la date de Noël au 25 décembre.
En 354, le pape Libère instaure la célébration du 25 décembre qui marque le début de l'année liturgique. Cette date a une valeur symbolique. En effet, en s'inspirant de Malachie 3/19 et Luc 1/78, on considére la venue du Christ comme le lever du "Soleil de justice". La fête de Noël, le jour du solstice d'hiver, célèbre ainsi la naissance de Jésus, soleil de justice.
Progressivement, la fête du 25 décembre arrive en Gaule et en Orient : en 379 à Constantinople, au début du Ve siècle en Gaule, au milieu du Ve siècle à Jérusalem et à la fin du Ve siècle en Égypte.
En 425, l'empereur Théodose codifie officiellement les cérémonies de la fête de Noël. La fête est devenue exclusivement chrétienne.
En 506, le concile d’ Agde en fait une fête d’obligation et en 529, l’empereur Justinien en fait un jour chômé.
Puis la fête de Noël se répand un peu partout en Europe : à la fin du Ve siècle en Irlande, au VIIe en Angleterre, au VIIIe en Allemagne, au IXe dans les pays scandinaves et au Xe dans les pays slaves.
A partir du XIIe siècle, la célébration religieuse s'accompagne de drames liturgiques, les "mystères" qui mettent en scène l'adoration des bergers ou la procession des mages.
Les crèches d'église apparaissent en Italie au XVe siècle et l'arbre de Noël en Allemagne au XVIe siècle. Puis les crèches familiales, napolitaines puis provençales, se développent a partir du XVIIe siècle.
Au moment de la Réforme, en 1560, les protestants s'opposent à la crèche et préfèrent la tradition de l'arbre de Noël. Avec la contre réforme au XVIIe siècle, les représentations des drames liturgiques sont interdites parce qu'elles sont devenues trop profanes.
Au XIXe, le père Noël apparaît aux États-Unis. Il se répand en Europe après la deuxième guerre mondiale.
Depuis le XXe siècle, Noël est devenu principalement une fête de l'enfant et de la famille.

Le mithraïsme

Dans l'empire romain les adorateurs de Mithra formaient comme une société secrète. Les initiés étaient soumis à des épreuves très rigoureuses, après lesquelles on leur conférait une sorte de baptême. On les marquait ensuite d'un sceau, puis ils étaient couronnés et armés. Cette dernière cérémonie terminée, les assistants les saluaient du titre de frères d'armes. Toute la confrérie mithriaque se divisait en sept degrés ou grades, selon le nombre des planètes, formant une échelle aux sept échelons, et placées sous la protection de sept divinités (Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, la Lune, le Soleil). Ces grades étaient, en allant des plus bas aux plus élevés, ceux des soldats, des lions ou hyènes, des corbeaux, des griffons, des perses, des soleils et des pères. Ceux qui parvenaient à la plus élevée portaient le titre de pater patratus ou grand pontife. Les mystères mithriaques se célébraient dans des grottes et dans des antres. A Rome, le temple de Mithra était creusé sous le mont Capitolin. Il paraît qu'on y offrait au dieu des sacrifices humains mais les Perses, eux, sacrifiaient des chevaux ; on prétend que l'empereur Commode lui-même immola des hommes. Plus tard, ces sacrifices sanglants furent remplacés par une oblation de pain, d'eau et de vin. Ce culte fut détruit au IVe siècle.
par Théo publié dans : Petites histoires
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Jeudi 15 décembre 2005
Libération, mardi 13 décembre 2005 :

Pétition pour l'abrogation des articles de loi contraignant la recherche et l'enseignement de cette discipline.

Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :

L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.

L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.

L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.

L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.

L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'État, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.

C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.

Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique.

Les signataires :

Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock.
 
par Théo publié dans : Actualités & Formations
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